Andrew Turner en spectacle
Duo solitaire
Les prestations d’Andrew Turner allient un vocabulaire chorégraphique riche, un genre urbain et une pointe d’humour. Il a mis à profit tout son potentiel créatif pour bâtir une performance de danse contemporaine accessible, Duet for one plus digression.
Lorsqu’il offre une performance, le danseur demande en retour un service très particulier: imaginer son partenaire fictif. Comme le titre l’indique, il s’agit d’un duo interprété par une seule personne: Andrew Turner. L’assistance regarde donc l’interprète être projeté sur la scène par des mains invisibles. L’imaginaire des gens dans la salle est sollicitée pour combler le manque.
Dans la salle, on en vient à se demander si cela s’inscrit dans le programme ou si l’on assiste à un dérapage de l’artiste. Cela est bien sûr prévu, puisque chaque petit élément de son spectacle est réfléchi. Créer des zones grises lui permet de jouer sur la relation qu’il entretient avec son public.
Le brillant chorégraphe, appuyé par Milan Gervais, ne fait pas que bousculer le concept de duo. Il repousse aussi les limites imposées par son corps et explore ainsi les possibilités qu’offre la danse. Pour mettre au point ses chorégraphies, Andrew Turner s’inspire autant des arts martiaux, Tai-chi ou yoga, que de la danse traditionnelle. Cela donne lieu à des mouvements bruts, rudes et puissants exécutés sans hésitation.
Performance limpide
Le spectacle Duet for one plus digressions est à la fois exubérant et complexe, sans être hors de portée. Le danseur montréalais prend soin de créer une œuvre intelligible. Pour Andrew Turner, la danse se doit d’inclure les gens, non pas de les faire fuir. Cette aspiration l’a poussé à briser la limite qui existe habituellement sur scène entre un artiste et son public. En effet, il n’hésite pas à abattre le quatrième mur, rejoignant ainsi directement les spectateurs pour leur fournir des pistes d’interprétations. Ces apartés contribuent à la démystification de la danse contemporaine.
Pour cette portion parlée du spectacle, il a dû faire fi de sa peur de parler français sur scène. Bien qu’il ne s’agisse pas de sa langue maternelle, ses interventions sont toujours faites avec aplomb.
Le fait d’exposer ses créations devant une foule est le point culminant du travail d’Andrew, ce qui l’inspire le plus. Le danseur apprécie grandement ce moment privilégié marqué par le partage. D’ailleurs, il parle de «moments performatifs» lorsqu’il évoque les précieux instants passés sur les planches. Sa démarche artistique, très élaborée, fait mention d’une recherche d’authenticité et d’un éveil de la conscience.
Le danseur de la relève s’implique beaucoup dans sa création. Il contrôle même la présentation visuelle projetée qui accompagne l’exécution de ses mouvements. Le fruit de son travail, étonnant et rafraichissant, a déjà été applaudi en France, en Belgique, à Toronto et à Montréal.
Premiers pas dans la danse
Le danseur, maintenant très impliqué dans son art, joint pourtant tardivement le milieu de la danse. Étudiant à temps plein et joueur de basse à mi-temps, une sévère tendinite le contraint à tout arrêter. Encore au début de la vingtaine, il se retrouve avec un sérieux vide à combler. Il se met donc en quête d’une autre forme d’art et finit par s’intéresser à la danse. Il saute à pieds joints dans cet univers sans aucune connaissance antérieure.
Privé d’expérience, son audition devant les juges du département de danse de l’université Concordia s’avère ardue. Malgré cela, l’institution l’accueille et lui fournit les notions qui lui faisaient défaut. En sortant de l’école, il est recruté par plusieurs chorégraphes pour interpréter leurs pas de danse.
L’idée de Duet for one plus digression lui vient alors qu’il est encore à l’université. Son partenaire ne se présente pas pour effectuer leur duo de cinq minutes, le forçant à danser seul. Fort de cette expérience, il convertira plus tard le numéro initial en une version longue de 35 minutes.
Andrew Turner a participé récemment au festival Vue sur la relève, au festival Transatlantique en plus de se rendre en Europe pour performer lors d’autres festivals de danse contemporaine. Il a aussi convaincu les critiques de La Presse, qui soulignent son talent évident de chorégraphe. Une journaliste du Voir attire quant à elle l’attention sur le naturel de l’artiste ainsi que l’humour et la vigueur qu’il injecte dans ses performances.
La prestation gagne à être vue, puisqu’elle ne sera pas à l’affiche éternellement. La deuxième création d’Andrew, Now I got worry, a par ailleurs déjà vu le jour. Elle traite du hasard et des coïncidences formidables de la vie.
Passez le mot!
Pour afficher un lien vers cette page, copiez le code suivant dans le code source de vos pages à l'endroit voulu…
Bannière horizontale
La bannière horizontale se place aisément en haut ou au bas de vos pages…
Bannière verticale
La bannière verticale s'affiche à droite de la page. Vous pouvez cependant modifier la position de la bannière avec la propriété float de l'attribut style. Les valeurs possibles sont: right [affichage à droite], left [gauche] et none [lorsque la bannière est située dans son propre module de mise en page].


