Le Théâtre de l’Aubergine présente Burletta
Théâtre de l’Aubergine (Photo: David Cannon)
Espiègleries
Le Théâtre de l’Aubergine nous revient avec sa dernière pièce, intitulée Burletta. Le titre est un mot emprunté à l’italien qui désigne de petits opéras à l’atmosphère espiègle et enjouée. C’est dans cet esprit qu’a été mis en scène le plus récent spectacle de la troupe.
Dans Burletta, les clowns ont chacun leurs aspirations, que ce soit celle de devenir ballerine ou d‘être le plus fort. Mais cette joyeuse bande a aussi un but qu’ils partagent tous: devenir le plus drôle des clowns. Heureusement, cette amusante rivalité se joue au sein d’une famille somme toute colorée et unie.
Pour ce qui est du décor dans lequel évoluent les interprètes, il a été conçu simplement. Ainsi, ce sont les performances débridées des clowns qui captent l’attention du jeune public. Mais il n’y a pas que les clowneries qui sont au menu. Les vedettes du spectacle utilisent plusieurs éléments de l’art du cirque pour capter l’intérêt des spectateurs, comme le diabolo, aussi appelé yo-yo chinois. À cette discipline s’ajoutent les assiettes en équilibre sur des tiges de bambou et les numéros d’équilibristes.
Art clownesque
Les créateurs impliqués dans le Théâtre de l’Aubergine portent un regard original et moderne sur leur art, et cela transparait dans leurs oeuvres. L’art clownesque a évolué au fil des années, et les bouffons du Théâtre de l’Aubergine ont évolué avec lui. Le résultat: un spectacle moderne et fantaisiste. Les artistes transmettent cette belle fantaisie en s’adressant directement au public. Burletta enchaîne des numéros plus poétiques comme «Le tango des fleurs», d’autres purement comiques tels que «Iva et les gags» et des numéros davantage à saveur musicale, parmi lesquels figure «Le petit orchestre».
Une palette de personnages
Le processus de création entourant le spectacle consiste en un exercice collectif. Ce sont les artistes eux-mêmes qui tracent tout d’abord les grandes lignes du spectacle. Pendant les séances de création, les jongleurs, les clowns et les acteurs y vont de leurs idées pour monter les numéros. Pendant ce temps, le directeur artistique les aiguille en donnant des suggestions d’improvisations ou de mises en situation. Au final, ce remue-méninges permet à l’équipe de former un tout cohérent, et un nouveau spectacle du Théâtre de l’Aubergine est prêt à prendre la route.
Les personnages empruntent des traits à celui qui l’incarne. Ainsi, les interprètes prêtent un peu d’eux-mêmes aux rigolos de la pièce, ils n’ont qu’à exagérer leurs propres caractéristiques. Les cinq personnages ainsi conçus forment le cœur de la troupe. Mentionnons d’abord Iva, la timide, et Martine, qui est un brin vaniteuse. Dolores a un fort caractère et Carmen assure quant à elle l’autorité au sein du groupe. Le seul homme du groupe, Wanadoo, très fier mais maladroit, complète la bande.
Les interprètes proviennent de plusieurs domaines artistiques, que ce soit le théâtre, la pédagogie, le cirque, le chant ou les arts visuels. Cela ajoute de la profondeur à leur création commune. Mais ils ont un autre atout de taille: ils ont chacun plusieurs compétences à leur portée. En plus d’incarner des personnages, de jongler et de chanter, ils savent aussi jouer de la guitare, de l’accordéon ou du tambour. Mais ce n’est pas tout: ils utilisent des instruments plus loufoques, comme le gazou ou la scie musicale!
Pièce anniversaire
Le Théâtre de l’Aubergine souffle ses 35 bougies, et la pièce Burletta a été spécialement créée pour souligner l’événement. L’Aubergine a déjà à son actif une cinquantaine de spectacles qui totalisent des milliers de représentations.
Au cours des 35 dernières années, des membres du Théâtre de l’Aubergine sont partis et d’autres se sont greffés. Mais le fondateur, Paul Vachon, est toujours présent et continue de s’impliquer dans la création des nouvelles pièces afin qu’elles respectent l’esprit du Théâtre de l’Aubergine. C’est d’ailleurs sous la direction artistique de M. Vachon qu’a été bâtie Burletta. Pour élaborer la mise en scène, il s’est adjoint l’aide de deux collaborateurs: Christine Rossignol et Michel Dallaire.
Du côté de la démarche artistique, le Théâtre a pour but d’intégrer harmonieusement l’art clownesque au théâtre en créant et en diffusant des spectacles fantaisistes et amusants. On leur a d’ailleurs remis plusieurs prix pour leur implication dans le milieu artistique, dont le titre d’entreprise culturelle de l’année au gala des Fidéides et le Prix Ville de Québec au Gala des Prix d’excellence des arts et de la culture.
Le Théâtre de l’Aubergine sillonne présentement le Québec, mais il fera bientôt ses valises pour aller divertir le reste du Canada, les États-Unis, le Mexique, mais aussi la France et l’Espagne.
L’assistance présente aux représentations de Burletta est surtout composée de jeunes, mais les moins jeunes sont aussi conviés. Idéale pour être vue dans un contexte pédagogique, le Théâtre fournit même un document pour effectuer un retour en classe sur la pièce. Cependant, les 55 minutes d’acrobaties et de folie sont très ludiques, et la pièce est aussi très appréciée en dehors de l’école.
